lundi 3 septembre 2007
lundi 5 février 2007
As in Ostend

Comme à Ostende

Sur le chemin du travail, quand je sors de chez moi, il faut d'abord passer par une petite ruelle, puis par la place du marché. Il y a une statue. Quand je passe à côté, c'est à peine l'aube, et on entend des corbeaux innombrables – un tout petit effort d'imagination et je pense à des mouettes, et cette petite fille, elle, m'évoque la mer, la Manche ou la Mer du Nord, peut-être bien celle du nord, oui, elle est grise comme le ciel à Ostende, cette gamine, elle me fait penser à Bruges. Après ça je passe dans une petite ruelle, étroite, on se croirait au Moyen-Âge. Et j'arrive à la bibliothèque où avant d'avoir rejoint la réalité, je me précipite dans un bouquin – ne surtout, surtout pas redescendre.
Note du 23 mars 2019 :
dimanche 28 janvier 2007
Home sweet home
Me voilà donc établi dans ma nouvelle ville depuis quelques semaines. L’appartement commence à prendre forme, à ressembler à un "chez moi", un peu plus chaleureux que l'empilement de cartons dans lequel je vivais il y a encore peu. C'est fou ce qu'une table peut remplir l'espace... Je peux jouer au châtelain, poser sur ma table des bougies, de l'encens, des bouteilles de vin à 2,79 euros et des bouquins. Je peux mettre ma musique à fond, écouter France Culture en mangeant des courgettes à la provençale – la vie, quoi. La solitude ne me pèse pas encore.
Le week-end dernier je suis rentré chez mes parents. Il n'y a plus le net à la maison mais j'en profite pour fouiller à la cave dans les cartons pleins de vieilles BD de mon père, et me replonger dans des mondes que je n'avais pas explorés depuis dix ou quinze ans : Les Eaux de Mortelune, Philémon, La Terre de la Bombe, Sammy, Grimion Gant de Cuir, Gobe-Mouche, Druuna... Et des mondes imaginaires, j'ai intérêt à en trouver encore plein d'autres, et des chouettes, parce le monde réel me semble, ces temps-ci, à peu près totalement dénué d'intérêt...
vendredi 13 octobre 2006
Liberating and comforting dreams
Very pleasant dreams last night: in an old photo pocket at home, I found snapshots of old paintings I'd painted in my teens and destroyed (which I often did, in fact, but the paintings in this dream never existed); it's a kind of dream I've had many times, like the ones where I take the train with no luggage and almost no money, to go far away, somewhere else, to another life. Liberating and comforting dreams. Like finding an old photo album under a bed when you thought you'd lost it, or letters from loved ones.
Rêves libérateurs et réconfortants
Rêves très agréables cette nuit : je retrouvais chez moi, dans une vieille pochette de photos, des clichés de vieux tableaux que j'avais peints dans mon adolescence, et détruits (ce que je faisais souvent, en réalité, mais les toiles de ce rêve n'ont jamais existé) ; c'est un genre de rêve que j'ai fait plusieurs fois, comme ceux où je prends le train sans bagages et presque sans argent, pour aller au loin, ailleurs, vers une autre vie. Des rêves libérateurs et réconfortants. Comme cela doit l'être de retrouver un vieil album photo sous un lit alors qu'on croyait l'avoir perdu, ou des lettres de personnes chères.
vendredi 16 juin 2006
Doors you can't open
I found a few screenshots of Omeyad on the net, an old Amstrad CPC game published by Ubi Soft in the heyday of parsers and 0, 1 and 2 mode. Insofar as I have this game on my emulator, this discovery had nothing to do with a heart-rending reunion, but it's still incredible, the nostalgia that old video games continue to generate.


Rather like a rag doll that leaves more to the imagination of the kid playing with it, than an ultra-realistic figurine that talks, walks, dances, shoots guns and makes coffee for the whole family, these old games, short, limited, with minimalist graphics, were dream machines. You're in a corridor in Omeyad, or at the top of a hill in Oxphar, or in a tavern in Iron Lord, you can't open all the doors, or go down to the village you see in the distance (a few vague pixels on a screen), or go and talk to the tavern patrons, and then, inevitably, your imagination starts to work.
Making my own little Black Sect-like game is an old fantasy. When I was designing the scenery in Paint, I had the idea of adding a little man in the background, with red eyes. I figured he'd have absolutely no role in the action, but his presence would be intriguing and make you dream. Just like a mountain, where you can't see what it's hiding.
Note from March 21, 2018:
Games from 1995, 2000, 2005, and soon 2010, generate and will generate as much nostalgia as CPC games. Just look at the sighs that we, that I, heave at Daggerfall, Morrowind, Gothic 2... Of course, all this has to do with biographical factors, with nostalgia for adolescence, regardless of the era in which it was experienced. However, the limitations of older games tend to suggest doors that can't be opened and impassable mountains that make you wonder what's behind them, and that's their strength, their charm: imagination and wonder need mystery, unanswered questions.
Portes qu'on ne peut pas ouvrir
J'ai trouvé sur le net quelques screenshots d'Omeyad, vieux jeu Amstrad CPC édité par Ubi Soft à la grande époque des analyseurs de syntaxe et du mode 0, 1 et 2. Dans la mesure où j'ai ce jeu sur mon émulateur, cette découverte n'eut rien de retrouvailles déchirantes, mais c'est tout de même incroyable, la nostalgie que continuent à générer les vieux jeux vidéos.


Un peu comme la poupée de chiffons qui laisse plus de latitude à l'imagination du gosse qui joue avec, qu'une figurine ultra-réaliste qui parle, marche, danse, tire au fusil et fait le café pour toute la famille, ces vieux jeux, courts, limités, aux graphismes minimalistes, étaient des machines à rêver. Tu es dans un couloir, dans Omeyad, ou au sommet d'une colline dans Oxphar, ou dans une taverne dans Iron Lord, tu ne peux pas ouvrir toutes les portes, ni descendre vers le village que tu vois au loin (quelques pixels vagues sur un écran), ni aller parler aux clients de la taverne, et là, forcément, ton imagination commence à fonctionner.
Faire mon propre petit jeu à la Secte Noire est un vieux fantasme. En dessinant un décor dans Paint, j'ai eu l'idée de rajouter un petit bonhomme au fond, avec les yeux rouges. En me disant qu'il n'aurait strictement aucun rôle dans l'action mais que sa présence serait intrigante, ferait rêver. Tout comme un montagne, dont on ne verrait pas ce qu'elle cache.
Note du 21 mars 2018 :
Les jeux de 1995, 2000, 2005, et bientôt 2010, génèrent et généreront autant de nostalgie que les jeux CPC. Il n'y a qu'à voir les soupirs que nous, que me font pousser les Daggerfall, Morrowind, Gothic 2... Tout cela tient naturellement à des facteurs biographiques, à la nostalgie de l'adolescence, quelle que soit l'époque à laquelle on l'a vécue. Néanmoins, les vieux jeux ont plus tendance, par leurs limitations, à proposer des portes qu'on ne peut pas ouvrir et des montagnes infranchissables dont on se demande bien ce qu'elles cachent, et cela fait leur force, leur charme : l'imagination et l'émerveillement ont besoin de mystère, de questions sans réponse.





















































































































